22/02/2005
L'urbanisation et l'Architecture Orientée Services.
Un des buts et idéaux d’une démarche d’urbanisation consiste à rationaliser les éléments fonctionnels dont le périmètre est identique, et à éviter leur multiplication, afin de supprimer toute redondance aux quatre coins du système d’information, et disposer ainsi d’un SI homogénéisé, pilotable, plus simple et moins coûteux. C’est également l’une des volontés qui doit présider à la construction d’une SOA. La possibilité de définir des services d’entreprise et des services transversaux semble aller dans cette direction, impression renforcée par la mise à disposition, autour des Services Web, d’un annuaire central d’entreprise au format UDDI.
Pour parvenir à cette objectif, il convient de cartographier efficacement les différents services fournis dans l’entreprise. L’organisation d’une plate-forme de services et la recherche de réutilisabilité demandent de prendre de la distance par rapport au système, donc à modéliser la cible avant de la mettre en œuvre. Cette modélisation ne doit pas être perçue comme un travail détaché des réalités de la mise en œuvre : on privilégiera un outillage capable de s’interfacer avec le terrain (les serveurs opérationnels d’exécution) et de se synchroniser avec eux sur la base des standards adéquats, notamment ceux évoqués plus haut dans ce document (BPEL, XML-Schemas, SOAP, WSDL, UDDI…).
Cette cartographie vise à recenser l’ensemble des services constitutifs du socle SOA. Dans le cadre de l’établissement d’une architecture multi-dimensionnelle et multi-niveaux, la cartographie vise également à catégoriser les services pour mieux en qualifier le périmètre, la portée et l’utilisation :
certains services sont fonctionnels et liés à des applications et d’autres sont techniques.
certains services n’ont qu’une portée locale, applicable à un bloc fonctionnel identifié.
d’autres sont transversaux et applicables à l’ensemble de la plate-forme.
Il existe autant d’axes d’analyse qu’il existe de méta-données pour qualifier un service dans
l’annuaire qui les référence :
- Le type ou la classe du service : service de présentation, d’accès aux données…
- Le sujet adressé : applications, données, flux, réseau, systèmes, postes de travail…
- Le bénéficiaire du service : ressource machine et/ou personne physique, avec les droits d’accès correspondants,
- Le type d’usage,
- Les technologies utilisées couvrant le service, notamment dans le cadre de la constitution d’un référentiel d’entreprise.
Cette liste n’est pas exhaustive, et selon les différentes vues souhaitées, l’outil de cartographie établira les différentes matrices de liaisons croisées et d’analyse d’impact.
On sait qu’un travail de recensement et de cartographie des services en amont est un pré-requis indispensable au maintien de l’évolutivité de la plate-forme et aux décisions d’alignement métier, ainsi qu’aux rationalisations et réutilisations nécessaires à l’obtention du retour sur investissement. Cependant, une fois ce travail effectué, il ne doit pas devenir obsolète : les modifications de modélisation doivent être rapidement intégrées, et les changements au niveau du terrain doivent être reportés, après validation, au niveau de la cartographie.
Cet outil sera donc équipé d’un véritable référentiel avec des passerelles de synchronisation au niveau du terrain pour assurer une mise à jour bidirectionnelle, sur la base des standards de l’industrie, établis ou en passe de l’être (XML-Schemas, BPMN (Business Process Modelling Notation), BPEL (Business Process Execution Language)…). La présence d’un référentiel dynamique et interrogeable doit être recherchée. Ainsi les outils de modélisation plats, sans référentiel (Powerpoint, Visio…) devraient ainsi être évités, au profit de produits tels que Aris d’IDS Scheer, Isiman de Keyword, Corporate Modeler de Mega, System Architect de Popkin Software, et bien d’autres encore. Ces produits ne sont pas tous à l’heure actuelle fournis avec la capacité de modéliser et stocker une bibliothèque de services ; mais tous ont un méta-modèle personnalisable qui peut s’adapter à celui défini par une entreprise pour la représentation et la catégorisation de ses services.
On comprend mieux dans quelle mesure une démarche de construction de SOA s’inscrit en plein dans le volonté généralisée de rationalisation et de gouvernance que recherchent les entreprises.
La réutilisabilité des services est plus concrète que n’a jamais pu l’être celle des composants. La construction d’une SOA à un niveau d’entreprise demande de l’organisation et de la méthode, relayés par des outils adaptés, pour :
- cartographier l’utilisation des services, les liens existants entre les services invoqués, les versions des services et des processus utilisés, dresser des analyses d’impact…
- orchestrer l’exécution des processus et des chorégraphies, tracer le résultat de cette exécution, notifier des erreurs et anomalies rencontrées, délivrer un reporting régulier en mesurant la qualité de service…
Sans ce travail parallèle, il est évident que la multiplication des services et des niveaux de services entraînera une absence de visibilité tant au niveau de la conception, de l’exécution que de l’exploitation, qui serait préjudiciable au système d’information tout entier et serait vécu comme un véritable retour en arrière.
Or, signe des temps, la demande est actuellement très forte en ce qui concerne l’outillage pragmatique d’une démarche d’urbanisation vers un champ d’application à mi-chemin entre organisation de SOA et intégration d’applications. Qu’en déduire ? Que le lien entre modélisation/cartographie et orchestration est plus fort que jamais, relayé par l’émergence de standard et le besoin d’organiser réellement et concrètement les systèmes d’information dans le sens d’une plus grande rationalisation et d’une meilleure réutilisation des services existants.
Le découplage entre Système d’Information et Système Informatique, qu’introduit la SOA, et le besoin constant envers les outils de modélisation, tend bien à prouver que la mise en œuvre de SOA constitue un facteur facilitant de l’alignement métier.
15:10 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Architectes NTIC











Commentaires
Tout a fait d'accord. Pas de SOA sans urbanisation au préalable. D'ailleurs c'est sans doute dans l'urbanisation que se situe le gros du travail.
Écrit par : Aurélien | 03/03/2005
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